Le troisième point, c'est l'approche modeste et respectueuse des gens dans leur vécu quotidien : cela s'appelle le principe de subsidiarité. Très rapidement : le principe de subsidiarité consiste à dire que les gens les plus proches de leur vécu savent mieux ce qui est bon pour eux ; ce sont donc eux qui doivent avoir la primauté de la décision. S'ils veulent des centrales électriques, s'ils veulent du solaire, s'ils veulent des plages de nudistes, s'ils veulent de l'alcool ou s'ils n'en veulent pas — tout est respectable, du moment qu'on leur demande au niveau local ce qu'eux veulent. Et ils pourront changer d'avis, il n'y a aucun problème.
C'est ce principe de subsidiarité qui figure à l'article 5 de la Constitution suisse, dans la Loi fondamentale allemande, etc. Là non plus, je n'ai rien inventé.
La subsidiarité, c'est beaucoup de liberté. Mais qui dit beaucoup de liberté risque de tomber dans un autre travers : l'égoïsme. Elle s'accompagne donc systématiquement d'un quatrième principe : la solidarité. Tu ne peux pas être libre — qu'on te donne le maximum de liberté — et rester indifférent à ton entourage. Le principe de solidarité accompagne la subsidiarité : l'un ne va pas sans l'autre.
