La question est : comment gérer ce paradoxe de la préservation de la diversité et de la gestion des conflits ? C'est vraiment le cœur, la pierre angulaire de la réflexion que j'ai essayé de mener. Évidemment, je n'ai rien inventé : tout ce que j'ai fait, c'est lire à gauche et à droite ce qui se fait et ce qui commence à se faire. Le projet qu'on va voir dans deux secondes est basé sur des principes. Ce sont dix principes ; ils sont peut-être moins de dix, mais j'aime bien arriver au chiffre de dix, disons une dizaine.
Quels sont ces principes ? Le premier est celui de la réalité sociale du Liban : une réalité de diversité. Quand on parle d'identité, on ne parle pas de se séparer, ni de religion au sens strict. Mais quand on dit « il est chrétien », « il est musulman », « il est grec-orthodoxe », on parle d'une identité culturelle : un groupement collectif qui a un vécu historique, une perception du monde et des ambitions pour l'avenir différents des autres.
L'exemple n'est pas de moi : c'est ainsi que l'anthropologie définit la question de l'identité, autour du triptyque de la relation de l'individu et de la communauté avec autrui (l'altérité), avec l'au-delà, et avec la terre. Tout groupement social qui a ce type de caractéristiques forme une identité spécifique. Cela veut dire qu'il y a au Liban des identités différentes, qu'on le veuille ou non.
