S'ensuivent quelques principes très rapides, dont celui des trois niveaux de gouvernance : le niveau municipal, le niveau cantonal et le niveau fédéral. Pourquoi est-ce important ? Parce que, dans le modèle fédéral, l'individu a trois types d'appartenance.
D'abord l'appartenance de résidence fiscale : je peux habiter où je veux au Liban. Supposons que j'habite à Tripoli — je paie mes impôts à Tripoli, parce que je consomme l'infrastructure de la ville, et je participe aux votes qui concernent sa vie politique. Si on veut faire passer le métro d'un côté ou de l'autre, j'ai mon mot à dire : je suis citoyen de la ville pendant la période où j'y vis.
Ensuite l'appartenance cantonale : si je suis chrétien, je vote avec le canton chrétien aux élections législatives ; si je suis sunnite, avec le canton sunnite. J'ai donc une double appartenance : l'une liée à ma résidence, avec un rôle dans la démocratie directe par le vote référendaire ; l'autre dans la démocratie élective par le choix du conseil municipal.
Enfin, j'ai une troisième casquette : mon identité culturelle. Elle touche essentiellement à la « soft infrastructure » — l'éducation, les musées, la culture, le type de sécurité sociale, les pensions, etc. — qui est gérée au niveau cantonal.
